J'ai toujours fait partie de la classe juridique des incapables, parmi les mineurs et les fous criminels. Je ne suis pas sur la photo parce que j'étais malade comme un chien ce jour-là.
lundi 16 mars 2015
samedi 3 décembre 2011
11-
M. Shabari vient une nuit avec sa petite amie garer sa jaguar au parking de l'immeuble. Elle, beaucoup plus jeune que lui, presque une adolescente, assez mignonne, le bras sur son épaule parce que lui est très petit.
Il me tend son poignet et me demande ce que je pense de sa montre.
-Nous sommes en train de nous demander si je peux assumer le feeling sport qu’elle donne à mon look. Est-ce qu’elle révèle assez mon côté cool.
Je lui réponds qu’elle est très bien.
-Voilà un employé modèle dit-il en regardant sa petite amie.
C’est elle qui me l’a achetée, tu vois. On m’aime. Je crée du désir, de la richesse, des emplois. Que peut-on demander de plus?
M. Shabari est mon patron, c'est à lui que sont destinées toutes ces publicités que l’on voit sur les bords des routes, partout.
12-
Au début une des hôtesses d'accueil, qui était là le soir me téléphonait chaque fois qu'elle allait aux toilettes: "Je vais aux toilettes, tu jettes un coup d'oeil ?". Pendant un moment j'ai cru qu'elle était ce genre de fille à aimer se montrer dans des situations intimes, une exhibitionniste, puis je me suis aperçu qu'en fait il y avait un écran de télévision qui me permettait de voir son bureau et les gens qui entraient et que j'étais sensé reagrder pendant son absence aux toilettes. Ok, d'accord.
13-
Il y avait beaucoup de femmes qui m'appelaient la nuit. Elles m'appelaient pour dire qu'elles étaient enfermées à tel étage, qu'elles ne pouvaient plus sortir, que pouvais-je faire. Je sentais dans leur voix qu'elles voulaient quelque chose de moi, elles étaient enfermées oui bon, elles ne pouvaient plus rentrer chez elles, mais il n'y avait pas que ça, non, il y avait comme un espoir pour que je les délivre d'un façon plus complète encore. Peut-être que j'imaginais seulement quelque chose qui n'existait pas, toujours est-il qu'à chaque fois j'y allais parce que ça faisait partie du boulot, sauver des femmes la nuit. J'étais gardien de nuit et il n'y avait que moi, alors je les délivrais et nous redescendions par l'ascenseur que je ne suis pas censé prendre pour le cas où il y aurait une panne, et les instants de la descente sont étranges parce qu'il ne se passe rien, et même ces instants sont particulièrement conventionnels comme pour effacer l'étrangeté qui peut favoriser l'apparition de comportements bizarres et non avenus, non attendus par elles. Alors, on en rajoute dans le dialogue creux et ennuyeux. Parce qu'elle n'ont pas du tout envie d'être là avec moi en plein milieu de la nuit, seule en face de ce type moche, sûrement stupide pour se trouver là, pour travailler à les délivrer. Je délivre des femmes. Et finalement pendant les trois ans et demi où j'ai travaillé dans cet immeuble, j'ai bien dû délivrer peut-être trente personne dont les deux tiers étaient des femmes, ce qui fait vingt femmes et pas une fois n’a été commis un petit événement érotique.
14-
Je ne suis pas censé dormir mais je dors tout le temps, toutes les nuits. A peu près six heures par nuit maintenant que beaucoup de sociétés qui louaient des bureaux sont parties.
Il y a des types de la boite qui passent pour contrôler si je suis bien sur place et que je ne rentre pas chez après avoir fait ma prise de service par téléphone, pour vérifier que je ne dors pas, que je n’invite pas des filles dans l’immeuble, tous plein de raisons qui ne sont apparues que dans leur esprit dérangé. Ils surveillent le surveillant. Mais le truc c’est que pour venir me contrôler, il faut entrer dans l’immeuble, et pour entrer dans l’immeuble il faut que je leur ouvre. Ils n’ont pas en leur possession de badge qui leur permettrait de me surprendre au poste de contrôle. Donc je suis tranquille. Sauf qu’ils sont rusés. Quand un des gardiens de nuit veut prendre des congés alors la boite doit envoyer un remplaçant que je dois former, c'est-à-dire que le gars vient passer quelques jours avant le remplacement une nuit avec moi ou mon collègue pour que nous lui montrions comment fonctionne le poste. C’est là que je fais très attention parce que ces gars font ami-ami, ils sympathisent, certains même vont jusqu’à débiner M. Shabari pour que je me sente en confiance, mais ces nuits-là où je ne suis pas seul, je ne dors pas, je ne laisse rentrer personne même pas ceux qui me supplient…
Je crois qu'ils m'ont viré parce que je n'étais pas assez aimable dans la façon que j'avais d'ouvrir les portes automatiques à distance.
MA VIE AU POMPEI CLUB

Quand l’éternité se termine alors soit je sors du ventre de ma mère, soit je reprends connaissance sur le sol des toilettes du Pompéi, et je me rends compte que nous sommes, nous les êtres vivants, des structures très stables dans l’univers. Nous vivons presque aussi longtemps que lui (l'univers), je veux dire que l’ordre de grandeur est le même, des années.
L’intérieur du Pompéi Club ressemble au décor d’un clip de pop musique des années quatre-vingt où des types dansent dans des endroits sexy comme des usines désaffectées, des égouts, des caniveaux géants avec de grosses souffleries qui font voler leur chevelure. Des endroits qui distillent leur violence. Ils adorent tous le roi des égouts qui est un type à craindre mais qui de temps à autre se laisse aller à un grand écart facial.
La salle principale est un égout de science-fiction illuminé par des néons de métal en fusion, d’énormes ventilateurs qui brassent la fumée, les vapeurs d’alcool et de sueur et les infra-basses qui appliquent à tout ça un lancinant tremblement comme les énormes pistons d’un paquebot souterrain. Il y a les lumières stroboscopiques qui font apparaître à chaque éclair toute une foule de mannequins dans les postures désarticulées de cadavres. Tout le monde danse mais tout le monde à l’air immobile, occupé à se sentir observé par des photographes invisibles, par des caméras qui retransmettent les images de la foule sur les écrans géants, par les cônes de lumières qui sillonnent la masse des danseurs à la recherche d’un évadé. On se sent observé, on se sent observé avec envie. Le martèlement des basses, pareil au bruit de deux montagnes qu’on cognerait ensemble, induit chez tout le monde la menace d’une foule qui essaie de pénétrer dans le dancing en défonçant les murs. Ils veulent tous être à notre place, mais c’est nous qui y sommes. On croit être des privilégiés qui peuvent choisir leur façon de mourir.
Les vibrations remontaient dans les jambes jusqu’au cœur, faisant vibrer les os jusqu'à rouvrir les anciennes fractures. Les normes de sécurité étaient de la science-fiction pour les gérants du club.
Je suis le genre de type que les vrais durs repèrent tout de suite, enfin que tout le monde repère tout de suite et reconnaît immédiatement comme inoffensif. Ce type que je provoque et pour qui j'existe à peine, je pourrais même insulter sa mère et toute sa descendance que ça ne lui ferait aucun effet. Je le fais parce qu’il vient de me percuter dans l’immense bousculade des damnés de la musique. Mes tympans sont comme des mèches de perceuses qui vibrionnent, le type bouge ses lèvres, son haleine se perd à travers le labyrinthe des corps, son regard est dirigé juste au-dessus de ma tête; il me parle et m’insulte mais rien ne se passe, alors que Bourgogne, arrivé à la rescousse, a à peine élevé le ton d'un « Eh! Oh! » que le type se roule avec lui par terre réalisant une vraie bagarre de discothèque.
C'est un asiatique qui a l'air de vouloir apprendre à Bourgogne des prises de karaté. Il lui assène un formidable coup de pied directement dans les couilles, un coup de karatéka avec tout le truc de la prise d’élan, du cri et du déplacement d'air, le type est à son affaire. Bourgogne en est soulevé du sol. Je sens mon anus se contracter. La douleur apparaît jusque dans mes testicules. Ca c’est de la putain d’empathie. Après un instant de complète immobilité Bourgogne efface le type de la surface de la terre d’une claque énorme qui fauche le japonais. Quelques instants plus tard, il se pointe très calme au bar, et dit :« ce type a failli péter cette coquille qui m’a coûté une fortune.
Je vais parler avec le Karatéka plus tard dans la soirée alors que les échauffourées précédentes font partie d’un passé lointain que tout le monde a oublié.
-Il avait une coquille, cet enculé, me dit-il. Il m’a coupé la bouche. Et en effet le type a la moitié du visage barbouillé de sang, ca lui fait comme un tache de naissance noire.
Je lui dis :
-Rien ne sert de ressasser le passé comme tu le fais. Cet événement pourrait se reproduire si tu ne vois pas que la cause de ceci vient entièrement de ta décision. Il n’y a que tes choix que tu peux changer, donc il est plus sage d’agir sur ceux-ci dans le futur.
-Enculés, vous êtes tous pareils.
Manifestement, personne n’apprend jamais rien.
jeudi 14 avril 2011
1-
Combien de fois j’ai entendu des acteurs, des actrices, ou des mannequins raconter comment ils avaient commencé leur carrière totalement par hasard, en accompagnant un ami à un casting où on les avait repérés sans qu’ils ne fassent rien. Et puis certaines fois, le type qui interroge demande et votre ami ? Ils rient et disent que tout le monde a oublié leur ami, à commencer par eux.
Des centaines de fois, des centaines de fois j’ai entendu cette histoire et quand tout le monde raconte exactement la même histoire, c’est qu’elle est inventée. Tout le monde invente toujours les mêmes histoires. Et plus personne n’y croit, plus personne ne croit au hasard qui fait bien les choses, au gars qui dit j’ai toujours su que j’y arriverai. Mais le hasard fait bien les choses au moins une fois de temps en temps et ceux pour qui il a bien fait les choses ce sont eux qui parlent, pas ceux qui ont encore leur boulot minable et n’ont pas de chance, ceux-là on ne les entend jamais, et ils sont nombreux.
2-
J’ai fait pas mal de boulots minables. Ce qui rend un boulot minable, c’est le salaire ou plutôt le non-salaire : la part que vous pensez mériter mais qui n’existe pas. Ce travail-là était le plus minable de tous mais il y avait des compensations.
Le gars m’avait dit : ils vous supplieront, emploieront tous les moyens qui leur passent par la tête, ils essaieront de vous intimider, de vous faire peur, c’est ce qui arrive le plus souvent: la menace. Ils vous menacent, de rien en particulier ou de terribles représailles que seul vous, pouvez imaginer. Ne leur ouvrez sous aucun prétexte. Ils vous supplieront, les femmes surtout – les hommes menacent plutôt. Ils vous diront que les clefs de leur maison ou je ne sais quoi sont restées à l’intérieur. Qu’ils ne peuvent aller nulle part, qu’ils vont dormir dehors. Ils pleureront, les femmes surtout. Ils voudront rentrer pour juste passer un coup de fil, ou chercher le numéro de téléphone d’une compagnie de taxi, mais ce sera pour passer très vite devant le bureau et filer prendre leur voiture au parking. Sous aucun prétexte vous ne devrez leur ouvrir. Alors c’est vrai que dans tous les cas ce seront des gens qui travaillent effectivement dans l’immeuble ou qui y garent leur voiture et qui ont oublié leur badge, et que ça ne coûterait rien de le ouvrir pour avoir la paix, que ça ne mettrait en aucune façon en péril la sécurité des biens des sociétés locataires ou votre propre sécurité, mais si une seule fois vous leur ouvrez, si une seule fois vous capitulez, vous pouvez être sûr que l’information va circuler et qu’en quelques jours, plus personne n’utilisera son badge, et vous les entendrez dire : je n’ai pas mon badge, c’est encombrant – l’objet fait 5cm sur 8-, j’ai peur de le perdre, ou de me le faire voler, je le laisse chez moi c’est plus prudent, rendant par le fait votre travail dans l’immeuble absolument obsolète. Et même, à la suite de cela, s’il arrivait un vol ou une intrusion d’une personne étrangère, vous pouvez être sûr que les personnes qui auront bénéficié de possibilité d’accès à l’immeuble sans badge le signaleront à leur hiérarchie dans l’instant et que vous serez immédiatement viré. C’est à ça qu’il faut penser : ils seront prêts à vous faire perdre votre boulot au moindre problème.
3-
Puis il m’a montré les caméras qui filmaient tous les couloirs, les entrées, et même les trottoirs autour du bâtiment, il m’a fait visiter tout l’immeuble et j’ai commencé à travailler la nuit même.
Il n’y avait rien à faire, et ne surtout empêcher personne de rentrer si je voulais avoir la paix parce que les types qui travaillaient dans l’immeuble étaient des avocats, des banquiers, des bonimenteurs de tout poil, des types capables de parlementer des heures pour que je leur ouvre. On discutait, moi assis au chaud dans mon fauteuil, et eux debout dans le froid penchés sur l’interphone jusqu’ à ce qu’un autre type arrive avec son badge entre et que mon interlocuteur se glisse derrière lui. A partir de là j’ai commencé à ne plus m’occuper des accès et donc à ne plus m’occuper de rien du tout. Et maintenant je peux voir la frustration sur leur visage quand je leur ouvre sans discussion.
4-
Il y a des caméras partout, mais celle qui m’intéresse filme le renfoncement de la sortie du parking avec ses deux grandes portes dont je commande l’ouverture à partir du poste de contrôle. Je peux rester des heures à attendre que quelque chose se passe, que quelqu’un s’arrête là dans le renfoncement où il est caché à la vue de tout le monde à part moi. C’est là qu’il se passe des choses cachées du monde, je me dis. Les trucs que personne ne sait sur les autres.
Mais finalement il ne s’est jamais rien passé là dans le renfoncement. A quoi je m’attendais ? A des choses cachées, des choses que personne ne connaît sur la vie des hommes, des secrets. Et tout ce qui se passe, ce sont les types qui s’abritent de la pluie, les amoureux qui s’embrassent et les clodos qui pissent et chient, tout ça au même endroit.
Quand un type commence à vouloir pisser là, j’attends un peu qu’il se mette en position, qu’il se relaxe suffisamment et quand il commence à pisser alors j’ouvre une des portes basculantes et je regarde le type se refroquer à toutes vitesse et s’éloigner.
Le premier truc que j’avais pensé c’est que je pourrais voir c’est un couple en train de baiser bien sûr, mais jamais ce n’est arrivé.
5-
L’immeuble était bourré de femmes, c'est-à-dire bourré d’opportunité pour un jeune homme de vingt ans. Quand il y a un grand nombre de participants, les événements improbables deviennent possibles. Il y avait beaucoup de femmes, mais le nombre ne devait pas être encore assez grand car sur les six années que j’ai passées là, aucune femme ne m’a jamais adressé plus de trois phrases. La nuit, les seules que je croisais étaient des secrétaires qui se battaient dans les couloirs, des femmes de ménage assez vieilles pour être ma mère. Elles sont si peureuses qu'elles me demandent si le quartier est sûr quand elles veulent simplement traverser la rue pour prendre le métro ou s'il ne leur faudrait pas plutôt appeler un taxi pour s'y rendre ou encore une nuit, une femme affolée me signale un homme allongé dans le hall qui se trouve n'être qu'un tapis mal roulé."Il y a un homme par terre dans le hall!". Les femmes de l’immeuble ont peur des tapis qui pourraient être des hommes.
(Et puis travailler là, incluait aussi le statut de gardien de nuit et aucune femme n’a envie de se faire draguer par un gardien de nuit.
Au début je pensais que j’aurai pu passer pour un étudiant qui travaille la nuit pour payer ses études, mais les années passant cela devenait de moins en moins crédible.)
6-
J’avais découvert qu’il existait des numéros de téléphone payants où l’on pouvait parler à des filles. A ce que je sais, ce n’était pas des filles payées pour ça, mais des filles qui voulaient rencontrer des types, les baiser au téléphone, ou plus fréquemment juste parler. Il y en avait qui n’étaient intéressées que par les pompiers. Alors je disais que j’étais un pompier mais elles demandaient alors à quelle compagnie j’appartenais et où elle se trouvait. Elles connaissaient le nom et l’adresse de toutes les compagnies de la région. Donc, je me renseignais et donnais le nom et l’adresse de la compagnie près de chez moi mais alors elles demandaient des trucs sur les épreuves de l’examen pour être pompier. J'aurais plus vite fait de vraiment devenir un pompier. J’ai laissé tomber et me suis rabattu sur les filles qui étaient moins difficiles et qui prenaient des pseudos plus chaleureux : chienne en chaleur, chaudasse ou salope à baiser.
7-
Je parlais au téléphone avec des filles que je ne connaissais pas mais qui étaient très prévenantes.
La plupart aimaient être insultées, d’autres voulaient que je les interroge sur leurs habitudes sexuelles avec des questions insidieuses, brutales et dégradantes.
Un soir, une qui me faisait écouter le bruit de son téléphone qu’elle s’introduisait dans le vagin, s’est arrêtée et m’a dit :
-Dis donc ça va te coûter très cher, tu ne veux pas que je te donne un numéro de fixe?
-Non, ne t’arrête pas, je t’ai dit je suis à mon boulot.
-Mais s’ils s’aperçoivent que tu appelles des numéros surtaxés la nuit ?
-Ils s’en foutent.
Mais ils ne s’en foutaient pas et j’ai été viré la semaine d’après.
Ces filles au téléphone étaient-elles toutes plus malines que moi? Elles étaient malines. Et prévenantes.
8-
Le collègue qui faisait l’autre moitié des nuits et que je n’avais jamais vu avait la méchante habitude de dégueulasser la cuisine, je le soupçonnais d’être un sadique : j’avais trouvé un papier avec une histoire de serveuse enlevée et soumise à un traitement sado-masochiste. C’est écrit avec plein de fautes d’orthographe. J’avais trouvé d’autres histoires aux titres étranges: Servages, Les Femmes-poneys, Dans le vice.
Alors quand plusieurs vols ont eu lieu, la nuit. Onze exactement. Ca ne s’est jamais passé alors que j’étais de service. De ce fait la police comme me l’a dit un des gars qui fait la journée et dont je ne connais pas le nom, celui aux mains molles, me soupçonne d’être dans le coup. S’il y a eu onze incidents et étant donné qu’il y a une chance sur deux pour qu’ils aient eu lieu alors que j’étais de service, c’est vrai que onze fois peut paraître beaucoup, comme si je lançais une pièce et qu’elle retombait onze fois à la suite sur pile . C’est improbable mais pas impossible. Puisque je sais quelque chose que la police ne sait pas : que ce n’est pas moi, mes soupçons vont vers mon collègue de la nuit que je ne vois jamais.
9-
Je dors toutes les nuits et quand je me réveille au matin, il y a sur la main courante des mots qui ne veulent rien dire, tracé d'une écriture maladroite, l'écriture d'un type qui dort, je connais l’écriture que les gens ont quand ils dorment. Je me rappelle d’une phrase : « Ici, en direct de direct, peau »
Ca me fait à chaque fois un sacré choc de voir ça, comme s'il y avait à l'intérieur de moi, un autre type qui se réveille quand je m'endors. Pour que je me réveille il suffisait que quelqu'un, pour une raison ou pour une autre, appuie sur le bouton d'appel qui était situé juste à côté de la porte d'accès de l'immeuble dans la rue. Cela déclenchait une sonnerie dans mon bureau ainsi que la mise en route d'une caméra braquée sur la personne qui a sonné. J'étais souvent réveillé aussi par le téléphone, des coups de fil anonymes. Des types actionnent l’interphone et quand je décroche ils m’insultent. Il y a dans la nuit beaucoup de gens qui veulent communiquer de toutes les façons possibles, qui cherchent quelqu’un à insulter. Je ne suis pas seul, il y a toute une vie nocturne de types haineux.
10-
Des types de ma société sont payés pour contrôler si je suis bien sur place et que je ne rentre pas chez moi après avoir fait ma prise de service le soir, que je ne dors pas, que je n’invite pas des filles dans l’immeuble ou que je ne me bourre pas la gueule pendant la nuit. Mais le truc c’est que pour rentrer dans l’immeuble, il faut que je leur ouvre. Ils n’ont pas en leur possession de badge qui leur permettrait de rentrer sans me réveiller et me surprendre au poste de contrôle. Donc je suis tranquille. Sauf qu’ils sont rusés. Quand un des gardiens de nuit veut prendre des congés alors la boite doit envoyer un remplaçant qu’il faut former, c'est-à-dire que le gars vient passer une nuit avec moi ou mon collègue pour que nous lui montrions comment fonctionne le poste quelques jours avant le remplacement. C’est là que je fais très attention parce que ces gars font ami-ami, ils sympathisent, certains même vont jusqu’à débiner la boite pour que je me sente en confiance, mais ces nuits-là où je ne suis pas seul, je ne dors pas, je ne laisse rentrer personne même pas ceux qui me supplient, je suis très prudent parce que c’est un bon job.
vendredi 18 juillet 2008
Mes Vacances en Mordor.
Le gars de l'agence me dit qu'il a une destination où je serai tranquille, vu que dans ce coin il y a peu de touriste. Je dis super. Y me dit qu'il fait pas très beau mais qu'il y fait chaud. Ok, ça roule, j'économiserai sur la crème solaire.
Y me dit de faire gaffe quand même parce que dans le pays y a un type qu'est pas clair, qui a des illusions de grandeur et cherche les crosses à tout le monde, surtout les étrangers. Quoi, un seul type pour tout un pays? Mais c'est le paradis, chez moi des cons y en a à tous les coins de rue. Ousque j'signe?
Le naze en question habite dans un phare, faut dire que le pays ressemble à une immense plage où ya pas de mer, genre mer d'Aral en sombre. Tout le temps que je suis resté il est jamais sorti, y doit craindre les chauve-souris géantes qui sortent la nuit, c'est à dire tout le temps. Tant mieux pour moi. Super vacances!
dimanche 27 avril 2008
mercredi 23 avril 2008
mardi 22 avril 2008
Comportement en voiture
La personne qui vous prend désire la plupart du temps un peu de compagnie, de conversation. Il est généreux de la part de cette personne de s'arrêter pour vous. Votre comportement devrait s'en ressentir.
* Être respectueux en tous cas.
* Entretenir la conversation si l'on ressent que c'est ce que la personne qui nous prend recherche.
* Les automobilistes qui prennent des auto-stopeurs, aiment pour la plupart que vous leur parliez de votre voyage, que vous les divertissiez, entretenez la conversation, etc..
* Certains automobilistes vous demanderont de les aider à payer les frais de péage ou de gaz. Ceci se pratique dans quelques pays, soyez au courant et préparés!
* Respecter les règles du conducteur (ex.:les pratiques sexuelles).
* Embarquer un auto-stopeurs qui en profite pour dormir est plutôt ennuyant, vous ne trouvez pas?
* Bref, se montrer intéressant sans s'imposer!
Probabilités
Quand il y a assez de participants - c'est à dire un très grand nombre -, les événements anormaux deviennent très probables.